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  • P'tit Bob
  • Une vie sucrée-salée pour chasser l'amer.
 Un pont entre la France et la Tunisie, pour chasser la mer.
 La recette d'un plat saupoudré d'amour.
 Merci la Vie.
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GRAINES D'AVENIR

L'association de Véronique Jannot

pour les enfants tibétains en exil 

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  Association Soeur Emmanuelle

 
 

Oscar

Cookie

29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 00:00


Je courais le long des rues écrasées de soleil.
Je courais en sueur.
Je courais.

Il était arrivé sur la grand place un peu en dehors de la ville,
là où chaque mardi se dressent le marché aux bestiaux
et le marché aux graines.

Il est arrivé.
La foule l'avait annoncé à chaque coin de rue,
derrière chaque fenêtre
et tout en haut des dattiers.

Je courais.

Pour rien au monde je n'aurais voulu manquer le début de l'histoire,
de son histoire,
celle par laquelle il allait nous imbiber.

Il racontait avec émotions, rythmes et suspens.
Nous entrions dans son conte par la grande porte des frissons,
sur les marches de l'impatience,
indiscrets parfois par les fenêtres de ses ponctuations,
cachés derrière le rideau de nos pudeurs
tantôt nous riions,
tantôt nous retenions nos larmes.

Je courais.

Toujours, de ses mots, nous ressortions étourdis.
Inévitablement gonflés de sa morale et d'une vie à raconter,
parfois d'une femme dans le secret de nos rêves muets,
parfois d'un pur-sang luisant crinière au vent
qui nous emmenait aux delà des temps
à venir ou passés.

Je courais...

Il était l'écran blanc,
l'écran suffisament géant
où j'aimais me laisser aller
à l'image stéréo de ses mots péllicules
sous une vive et aveuglante lumière de frères encore inconnus.

La seule bobine que l'on avait était celle que l'on offrait à l'homme,
magicien de mots,
ensorceleur pour un instant d'une autre vie
de sa bouche à nos fantasmes.

Je courais...

Déjà il était là,
au milieu de la foule excitée et demandeuse de rêves,
lui, l'homme qui passait,
et s'arrêtait pour nous,
l'homme qui prenait à nos vies pour les raconter plus loin,
à d'autres qui couraient pour le voir,
comme moi,
pour l'entendre,
se rafraîchir d'autres phrases pour des jours et des nuits,
pour nos mille et une vies.

Je courais,
et tout à ma course,
je me disais que lorsque je serais grand,
je serais moi aussi comme lui :
un conteur.

Conteur ici.
Conteur là-bas.
Conteur n'importe où.

Conteur dans ma vie.
Conteur de vies.
Dans ma vie d'ici.
Dans ma vie d'avant
ou dans celles d'après.

Dans mes vies d'ailleurs.
Dans ma langue du moment.

Conteur de mes nostalgies arabes
Peut-être
mais
Conteur.


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Published by P'tit Bob - dans Une nostalgie arabe
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