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  • P'tit Bob
  • Une vie sucrée-salée pour chasser l'amer.
 Un pont entre la France et la Tunisie, pour chasser la mer.
 La recette d'un plat saupoudré d'amour.
 Merci la Vie.
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GRAINES D'AVENIR

L'association de Véronique Jannot

pour les enfants tibétains en exil 

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  Association Soeur Emmanuelle

 
 

Oscar

Cookie

14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 23:10
29834 rose-and-old-book pJe viens de tourner la dernière page et j’ai refermé le livre. Une belle histoire. Et j’ai pensé à toi. J’ai pensé à toi plusieurs fois pendant ma lecture.
J’aurais voulu aller chez toi. Tu aurais été contente de me voir. Ton chien aurait aboyé. Tu m’aurais réchauffé un café servi dans une vieille tasse ébréchée aux fleurs fanées par la chaleur des trop nombreux cafés réchauffés ou par de trop longues attentes enfermées dans le noir du placard quand personne ne venait te voir.
Nous aurions échangés quelques mots dont leur seule importance étaient d’être échangés, là dans ta cuisine, comme on augmente un peu le chauffage quand le froid se fait sentir, comme une unique caresse.
Puis j’aurais ouvert le sac, celui que j’avais apporté. Et j’aurais sorti le livre, celui que je viens de terminer. Peut-être celui dont les pages ont été tournées par mes doigts ou peut-être un exemplaire tout neuf pour te laisser déflorer tour à tour tous les numéros du bas des pages.
Ou j’aurais noté le nom du livre sur une feuille pour te l’offrir à Noël. Et après avoir frappé mes pieds sur le sol pour faire tomber la neige de mes souliers, tu m’aurais réchauffé une tasse de café et les fleurs sur la porcelaine auraient fêté Noël au rythme de la petite cuillère qui valse, tête sucrée bien au chaud.
Mais je n’irais pas te porter ce livre.
Ta cuisine est vide de toi. Elle n’est plus ta cuisine. Ton chien n’y aboie plus. Et je ne veux pas revoir sans ta présence cet endroit qui, malgré lui, s’est faite gardien de mes souvenirs d’enfance.
Je pourrais aller te voir dans ta chambre. Tu n’y serais pas. Tu serais sans doute devant la télévision dans la grande salle. Je dirais bonjour, ou bonsoir, à toutes ses âmes qui attendent… Tu lèverais la tête et sortirais te ton éternel sommeil d’ennui et tu me sourirais. Nous nous isolerions un peu et tu me tiendrais la main. Je n’oserais pas te regarder. Ton regard me fait mal. La peur d’y voir de la souffrance et d’y entendre le silence d’interrogations. Je ne te dirais pas grand chose et nous jouerions au tennis de nos " Ca va ? ". Et lorsque l’un d’entre eux touchera le filet de l’angoisse de te voir ici, portée par les roulettes de ton fauteuil, j’aurais ouvert le sac, celui que j’aurais apporté. Et j’aurais sorti le livre. Celui que je viens de terminer. Je t’aurais embrassée et n’aurais pas voulu voir les larmes dans tes yeux qui, à chaque fois me crie " revient " ou  " adieu ". Mon hypocrite " Je reviens bientôt " paradoxalement sincère me fait dévaler les marches qui mènent au parking.
Une femme en blouse viendra te faire rouler jusqu’à ta chambre parce que tu gènerais le passage. Tu sentiras quelque chose entre tes doigts. Un livre. Et tu demanderas à la blouse qui te pousse ce que fait ce livre sur tes genoux. Elle ne saura pas.
Moi, j’appuierai sur l’accélérateur comme pour ne pas tomber dans le ravin de ta mémoire.
Le livre dont je viens de tourner la dernière page resterait alors sans doute sur la table de chevet à côté de ton lit. Tu ne le lirais pas.
29834__rose-and-old-book_p.jpg
En refermant ce livre, j’ai senti un peu de porcelaine ébréchées sur le bord de mes lèvres. Et le parfum d’un café réchauffé. Que sont devenues les fleurs de la tasse triste de ta cuisine ? Mes envies de partager avec toi, comme avant, mes lectures, sont devenues, au delà des mots lus ou tus le bouquet de nos mémoires réunies.
 
Illustration : internet
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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 22:20

J’ai joué avec toi.

Tu étais un enfant 

J’ai écouté tes mots et je retournais dans un passé qui devenait le mien à travers toi. Dans un ailleurs où j’évolue aujourd’hui à chaque instant. Malgré moi. Parce que tu y as respiré et que je respire cet air qui est le tien, toi enfant.

SL388100 GF

Je ne me lasse pas de tes mots qui me transportent dans ton enfance. Dans cette rue où tu habitais, dans cette montée où tu es tombé, dans cette cour où tu jouais, au bas de ces deux marches où  tu travaillais.

Derrière cette porte voilée de tes mots qui s’ouvre sur tes secrets et me rapproche encore plus de toi. Tes mots… Une odeur d’encens… Le parfum du pain qui sort du four…  Et les couleurs des murs qui s’ouvrent les unes sur les autres, les unes aux autres, comme une mémoire, comme un arc en ciel qui remonte le temps et me montre la direction de ta mémoire pour que je m’y engouffre à la musique de tes mots.  Comme le souffle que je deviens quand tu te racontes à moi et que tu m’inspires et m’expire dans tes souvenirs qui deviennent les miens.

SL388101_GF.jpg

Inspire-moi. Expire-moi. Ici. Ailleurs. Maintenant. Avant. Respire-moi pour mieux que je respire de toi tous tes mots que j’aime. Que j’aime autant que toi. Parce qu’ils sont toi et t’ont menés à moi. De ton passé à notre présent.Ton passé est mon avenir et tes mots sont mes voyages. Alors expire moi, inspire moi. Au rythme de ma vie qui s’enlace à la tienne. Intemporelles.

Pour que je joue avec toi.

Quand tu étais enfant.

Je respire tes mots alors raconte encore.

Raconte encore.

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22 novembre 2011 2 22 /11 /novembre /2011 05:22

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Il y a des instants qui sont des parfums.

Parfums de mers, d'iode et de chaleurs.

Le soleil qui chauffe la peau.

Même après.

Longtemps.

Même si ce n'est pas le soleil.

Il y a des instants qui sont des couleurs.

Couleurs de vie, de respirations et de plaisir.

Le bonheur qui chauffe la peau.

Même après.

Longtemps.

Il y a des instants qui sont éternels.

Eternel de souvenirs, de présent et de tout.

La vie qui se fait chateau de sable et nous pique les yeux.

Même après.

Longtemps.

Comme si l'instant était une enfant qui nous éblouie,

Nous jette des paillettes d'amour au visage et au coeur

Pour nous piquer les yeux

Même après.

Longtemps.

Pour tracer un chemin qui rejoint le sien.

Il y a des instants oxygène.

Indispensable à la vie.

Des instants que je nomme "Merci".

Même après.

Longtemps.

Des mercis indispensables à ma vie. SL382508_GF.jpg

 

 

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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 20:52

Sa mémoire s'évade,

mélange les dates du calendrier de ses souvenirs

et fait le mur de sa vie lui laissant en échange la souffrance de la vieillesse.
Et de l'ultime attente...
C'est bien triste.
Mieux vaut fuire plus vite que la mémoire infidèle,

plus profondément que les cicatrices de l'âge,

des regrêts,

et des nondits.

Ne plus attendre dans le néant de ses pensées passées

et s'installer dans l'ultime demeure qui sournoisement,

mais inéluctablement,

lui ouvre de plus en plus grands portes et fenêtres.

Comme un nouveau visage lui offirait enfin

le plus beau des sourires.

 

SL383414 GF

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14 septembre 2011 3 14 /09 /septembre /2011 18:52

Ma vie est liée.

Et mon âme aussi.

Depuis ce jour où je t’ai rencontré. Plus encore. Au-delà de mon enfance, au-delà de mon existence. Peut-être de ma naissance. 

Je te savais.

Tu étais cet ultime élément que l’on tait. Mais que l’on sent. L’avenir de mon corps, de ma chair et de l’air que je respire.

Je te savais.

Seuls mes yeux t’ignoraient. Confiants au reste de mon âme, ils attendaient. Et la rencontre fut sur mon chemin.

Une évidence.

Depuis tu es le fil d’argent qui me relie à l’air, à la terre, au souffle et au temps. A ma vie. A la Vie. Je suis entier depuis. Ta présence éblouie mes sens et me suffit.

Que tu sois prêt ou éloigné, je te sais.

Je te sens.

Tu es mon suffisant.

Et ce nuage me suffit. Rose rouge de mes sens en toutes circonstances. Il le me relie à toi. Comme l’évaporation de ta peau me rejoint et emplit mon corps. Une respiration. Vitale. Un message. Un rappel inutile.

Au-delà de tout. De la distance. De la présence. Je ne m’en lasse pas.

Parce que je vis.

Parce que tu me suffis.

Parce que tu es mon tout.

Et jamais, au-delà du temps, passé, présent et horizon, le fil d’argent ne se rompt. Il nous relie. Cordon de vie et d’amour.

Tu es mon infini.

Il me suffit de te savoir.

Et où que tu sois, tu es mon suffisant.

Et je te sais.

A jamais. Tu es mon tout.

Le cadeau de la Vie.

Et je te prie.

Et je te remercie. 

 

rose meditative salvador dali

Illustration : "Rose méditative" de Salvadore Dali

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9 août 2011 2 09 /08 /août /2011 22:03

Je lisais dans le jardin sous le citronnier. C’était l’heure de la sieste. Les gamines dormaient. Les grands aussi.

C’est doux l’heure de la sieste quand tout le monde dort sauf moi. Le monde m’appartient. Du moins le petit monde du jardin avec ses bruissements de feuilles, le vol des abeilles et celui des oiseaux qui s’arrête tout prêt sans vraiment savoir où. Je peux même entendre les pas feutrés du chat qui passe à sur le haut du mur, qui s’arrête pour me regarder et reprend sa route.

 

J’aime cet endroit. Cet instant. Cette année, le jardin s’est embelli. Les fleurs sont plus nombreuses, les plantes aromatiques aussi et les allées sont bien rangées. Et puis il y a la table et les bancs qui n’étaient pas l’an passé. Tout trois fait de carreaux de céramique. Un endroit ombragé où nous prenons tous les repas cette année. Pourtant dans ce calme et l’endroit que j’aime, manque quelque chose.SL382204_GF.jpg

Je regarde à droite, puis à gauche mais je ne sais pas vraiment ce que je cherche. Tout semble parfait à mon goût pour cette année en vacances.

J’entends alors le gravier crisser sous des pas. Mais personne ne vient. Une seconde fois ce petit bruit revient jusqu’à moi. Et là j’ai compris. J’ai compris ce qui me manquait à cet instant précis. Non seulement, je l’ai compris mais je l’ai ressenti si fort que le manque s’est dissipé.

Mes chiens étaient là avec moi. C’était l’heure de la sieste. Alors forcément ils se sont allongés. Oscar sous le grenadier et Cookie sur le sol carrelé sous la banquette de bois. Ils avaient leur habitude de bien-être avant. Avant...la_table_dans_le_jardin_-2-_GF.jpg

Puis il a suffi que je ferme les yeux une seconde, une seconde seulement, pour que je les sente venir tout prêt de moi. Tout contre moi. Une seconde magique. De tout leur long, ils se sont recouchés, chacun posant sa tête sur l’un de mes pieds. Comme avant. Avant…SL382774_GF.jpg

Je n’osais bouger de peur de les réveiller. Ou de peur de me réveiller peut-être… C’était l’heure de la sieste. Tout était calme. Peut-être que sous le citronnier me suis-je aussi endormi. Peut-être ai-je rêve cette seconde qui a fait que tout était à sa place et qu’il ne manquait rien. Je ne sais pas. Et ne veux pas le savoir. La seule chose dont je suis certain c’est que d’une façon ou d’une autre, dans un bruissement particulier de feuilles, dans le regard du chat peut-être ou dans l’envol d’un oiseau, aussi étrange que cela puisse paraître, Oscar et Cookie, mes amours de chiens, étaient là avec moi. Dans la sérénité de l’instant. Pour le partage et le souvenir d’eux. Par la magie de l’amour. A l’heure de la sieste.DSCN1885---Copie--2-_GF.jpg

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 16:22

En bas de chez moi, dans le parc, un petit cirque vient de s’installer. Juste là. Jaune, comme une tache de peinture vive coulée du soleil pour égayer l’endroit. Comme la couleur d’un souvenir de mon enfance qui me ferait un pied de nez. Car il y a longtemps…

SL382076 GFJe devait avoir alors un peu plus de douze ans. Dans un champ vert et libre encore, tout près des bâtiments de la cité, de temps à autre, un petit cirque s’installait. L’herbe verte se transformait alors pour quelques jours en un tapis rouge et se déroulait sous les pieds des artistes et des animaux. Les chevaux, les poneys, les lamas et les chèvres découvraient alors le goût des pâturages locaux au milieux des autos.

Puis, sous les flonflons des hauts parleurs et du linge qui séchait en mesure comme un funambule suspendu sur son fil, parmi l’ambiance qui mettait des étincelles dans les yeux des enfants bien avant que le spectacle commence, il y avait une girafe. Grande et majestueuse, qui du haut de mon petit âge, s’étalait en hauteur à n’en plus finir.

Un soir, en revenant du collège, je traversais l’endroit d’un œil curieux et, me connaissant, sûrement rêveur et enjoué, quand un homme m’appela :

- Petit, viens voir, s’il te plait.

Bien sûr ma mémoire aujourd’hui fait défaut mais il me plait d’imaginer à l’instant où j’écris que l’homme avait un nez rouge et de longues chaussures de clown. Je m’approchais sans méfiance.

- Ma girafe est malade. Tu ne connais pas un vétérinaire dans le coin ?

- Euh…? Non, monsieur.

- Ou un médecin qui pourrait ausculter ma girafe ?

- Non, mais pas très loin il y a un hôpital. Juste là, lui répondis-je en pointant mon doigt au delà des bâtiments.

- Tu peux venir avec moi et me montrer l’endroit ?

SL382084_GF.jpgJe n’allais tout de même pas lui dire que mes parents m’avaient interdit d’aller avec une personne inconnue. Je ne sais plus vraiment qu’elle fut ma réponse mais je me revois assis sur la banquette arrière d’une voiture. L’homme au nez rouge était au volant ; à ses côtés, côté passager un autre homme était là. Son bras sortait par la vitre ouverte et, de sa main, il tenait une corde. Une corde qui montait dans les airs.

La corde montait et montait encore pour entourer le cou de la girafe mal en point qui marchait le long de la voiture. Combien de temps avons nous mis pour aller jusqu’à l’hôpital ? Je ne sais plus mais nous roulions au pas amble de la girafe. Et je peux vous certifier qu’une girafe marche lentement. Et une girafe malade, n’en parlons pas !

Nous laissâmes le deuxième homme traîner en laisse sa girafe jusqu’à l’accueil de l’hôpital et le clown conducteur me ramena jusqu’au cirque.

- Merci, petit. Grâce à toi, notre girafe va être soignée. Viens ce soir, je t’invite à la représentation. Tu seras mon invité d’honneur. (bon, ok, là aussi je m’arrange avec ma mémoire).

Je rentrais donc à la maison. Forcément j’étais très en retard et ma mère se faisait du soucis. Pourtant, c’est fier que je lui fis part de ma petite aventure. Ma fierté en pris un coup lorsque elle troqua ma fierté contre une punition et une interdiction de sortie. Est-ce parce que j’avais parlé avec un inconnu et, de plus, monter dans sa voiture ? Ou a-t-elle cru que je lui mentais et inventais une excuse à mon retard ? Peu importe.

Je suis allé plusieurs fois assister aux représentations que donnaient les artistes de petits cirques de passage. J’ai vu des dresseurs de chèvres, des enfants acrobates et des clowns caricatures mais je ne sais plus si, malgré l’interdiction, je me suis rendu à la représentation de ce soir-là, dans ce cirque-là. Peut-être pas. Mais il me plait d’imaginer qu’à l’entrée du cirque, l’homme au nez rouge, le clown aux grands pieds regardait sa montre en m’attendant et qu’il m’avait réservé la meilleure place. Il aura été déçu de mon absence et son numéro moins drôle qu’à l’habitude.

Peu importe ce qui se passa par la suite. L’important aujourd’hui est que ce souvenir d’enfance demeure et qu’un modeste cirque aussi petit soit-il fasse ressurgir cette naïve émotion.

Car oui, ce jour-là, au retour de l’école, j’ai vraiment mené une girafe à l’hôpital. 

tableau-Thomas-Herbrich.jpegDepuis le temps est passé. Les champs ont déroulé leur derniers tapis aux bâtiments et se sont laissés étouffer par d’autres flonflons gris et enfumés d’une nouvelle ville. Une ville où il n’y a plus de place pour les petits cirques, où le rêve et la féerie ne sont que virtuels. Une ville où les enfants qui sauvent les girafes n’existent plus.

Parce qu’il n’y a plus de girafe dans nos villes. Et c’est bien dommage.

Alors, toi, la girafe de mon enfance, si par magie, tu lis les mots que j’écris, saches que c’est moi, oui c’est moi qui t’ai sauvé la vie. Je suis un sauveur de girafe.

Dans ma tête d’enfant. Dans mes souvenirs d’adultes qui, eux aussi, ont parfois besoin d’un nez rouge.

 

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Illustrations :

tableau "girafe sur le pont" : Thomas Herbrich

Photo "girafe" : Luis Beltran

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27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 19:05

Cet après midi, je me suis installé sur la terrasse.

J’aime ce petit coin de tranquillité modeste qui fait de mon appartement d’HLM une maison et prend des allures de jardinet. J’aime à lire ainsi. D’autant plus lorsque l’objet de ma lecture est très intéressant. Je ne me suis pas mis au bord de la balustrade, comme d’habitude. Car si d’ordinaire, je m’y assois au soleil, cet après midi – mais qu’importe – il pleuvait.

 

Les personnages du roman furent dérangés par un bruit. Je l’entendis aussi. Ils stoppèrent net leur scène d’amour – ils étaient à la mairie de la page 47 en train de s’unir dans un mariage d’amour – à l’instant même où je les quittaient pour écouter ce bruit moi aussi.

C’était la pluie.

A y faire attention, les gouttes, selon le lieu de leur ultime chute, ne font pas le même son.

Je fermais les yeux tout en confiant mon marque page à la future mariée.

Les feuilles naissantes du platane de la cour, le clapotis du goutte à goutte dans le seau habituellement vide, le fer de la balustrade, les pétales des pensées violettes et orangées et le rebord de leurs demeures-jardinières, le plateau de la table… tout devenait instrument.

Toujours les yeux clos, je me laissais envoler par ce concert inattendu.

Il ne pleuvait plus, il jouait de la musique.

Les oiseaux, invisibles dans leur abris, ou plus courageux sur les branches en face, faisaient les chœurs, et ne s’offusquaient pas des vocalises du canaris du balcon des voisins. Le rire d’un enfant, comme le pleur d’un autre au loin, ondulaient la mélodie au rythme de leur éclats de vie. En fond de cet orchestre météorologique, le bruit sourd du moteur des voitures qui passaient dans la rue, de l'autre côté, furent le craquement improvisé des microsillons des disques vinyles de mon enfance.

Le coup de cymbales final fut donné par l’aboiement joyeux d’un chien sortant de l’allée pour un instant de liberté et de soulagement.

Je rouvris les yeux. Je rajustais un peu mes vêtements pour me rendre à la cérémonie des héros du roman que j’ouvris à la page même du bouquet de la mariée. Que leur réservait la suite de l’histoire pour être ainsi dans ce roman ? Je n’en savais encore rien. Mais ne dit-on pas : "Mariage pluvieux, mariage heureux" ?

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Illustration : "Pensées sous la pluie"

Aquarelle de Françoise Lallemand

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 22:40

Malgré mon départ

Je garde en moi l’instant de leurs sourires.

L’instant de leurs rires.

 

De leur enfance.

 

Je les reverrais bientôt.

Elles seront elles.

Sans être celles de cet instant.

 

Un rêve les aura emportées vers d’autres horizons.

Un soleil les aura chauffées plus fort

Un vent les aura fait frissonner

Une larme, grandir.

 

Je garderai en moi l’instant de leurs sourires.

L’instant de leurs rires.

De leur enfance.

Elles seront elles.

Celles de ce nouvel instant.

 

Et je repartirai encore.

Vers des instants d’ailleurs.

 

Alors, je fermerai les yeux et je choisirais l’instant dont j’ai besoin.

Pour retrouver celles que je choisirais dans chacun de leurs instants.

Qui deviennent les miens.

Dans la bibliothèque de mon histoire. De la leur.

De la nôtre.

 

100_9889---Copie_GF.jpg

 

L’instant est précieux.

 

Rare. Ephémère. Une seconde. Une heure. Une journée. Un mois.

Peu importe la durée.

Il faut s’en délecter.

Pour enrichir sa vie.

Il faut les écrire pour offrir le bonheur.

Et savourer le sien.

Pour mieux grandir.

Ecrire ses souvenirs.

Et déployer ses ailes vers eux:

Nos nouveaux instants.

A chaque instant de notre vie.

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 22:37

DSCN0799 GF

Il y avait vos pas, vos pattes et vos hâtes.

Il y avait vos cris, mes "viens ici" et vos gueules jolies.

Il y avait vos sauts, mes "fais le beau" et vos habits d'agneaux.

Quand la neige tombait... DSCN0815 GF

Il y avait votre grâce, vos traces et la glace qui efface.

Il y avait le froid, vos joies, nos émois, vos regards aux abois.

Il y avait le bois cassé, mes "va chercher" et vos canines fiertés.

Quand la neige tombait... DSCN0811 GF

Il y avait mes gardiens, mes magiciens, nos câlins au quotidien.

Il y avait nos printemps, nos automnes, nos étés, nos petits riens.

Il y avait la chaleur des souvenirs charnières dans mes hivers d'hier.

Quand la neige tombait...

DSCN0806 GF

DSCN0803 GF

DSCN0800 GF

Et à nouveau s'ébroue l'hiver.

Neiges de silences et muselières.

Neiges d'ambiances et de poussières.

Neiges amères et sablières.

 

Et à nouveau s'ébroue l'hiver.

Saisons d'antan qui fondent

En flocons d'ombres

Qui plombent... Qui sombrent...

Qui tombent...

 

Pour rien :

Il n'y courent plus mes chiens.

dscn0798 GF

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