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  • P'tit Bob
  • Une vie sucrée-salée pour chasser l'amer.
 Un pont entre la France et la Tunisie, pour chasser la mer.
 La recette d'un plat saupoudré d'amour.
 Merci la Vie.
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"Bienvenue sur Maktoub"

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GRAINES D'AVENIR

L'association de Véronique Jannot

pour les enfants tibétains en exil 

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   A S M A E  

  Association Soeur Emmanuelle

 
 

Oscar

Cookie

2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 06:00

09022009_56.jpegC’est moi qui ai pris cette photo. Enfin, il me semble… J’avais froid. Aux pieds surtout. Mes souliers n’étaient pas épais. Il faut dire qu’il ne neigeait pas souvent ici. Alors vous pensez, photographier ma ville sous la neige…

Je m’en souviens très bien. J’étais déjà très vieux à l‘époque.

Oui, je me souviens…

Mon épouse ne voulait pas que je sorte. A cause du froid. Et de mon âge. Surtout de mon âge. Ou des deux à la fois, sûrement. Je ne l’ai pas écoutée. La tempête s’est levée. Juste après que j’aie pris ce cliché. Les pieds quasiment nus, je suis rentré à la maison. Mais le froid ne m’a pas quitté. Je souris parfois en pensant qu’il a dû faire le concours du plus fort avec mon âge.

Oui, je m’en souviens…

Le froid a gagné. Et mon âge s’est rendu, emportant avec lui le poids léger de mon corps. J’étais déjà très vieux à l’époque. Mon épouse a pleuré. Beaucoup. Mes enfants sont venus avec leurs enfants. Ils auraient mieux fait de regarder la neige tomber. Il faut dire qu’il ne neigeait pas souvent ici. Leur jeunesse aurait gagné le combat du froid.

Oui, je me souviens…

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Alors j’ai vu la neige d’en haut. De plus en plus haut. C’était beau. J’ai regretté ne pas avoir emporter avec moi mon appareil photo. Puis je suis devenu un flocon… Enfin, je crois. Enfin… il me semble. Ma mémoire me joue des tours sur cet instant de ma vie. Ce n’est pas grave. Aujourd’hui, je suis ici. Je suis moins vieux. Presque encore jeune même. Je suis dans un autre pays. Je suis né une seconde fois. C’est étrange mais c’est ainsi. Un pays où il neige encore plus que dans le pays de ma vie d’avant. Avant quand j’étais trop vieux. Le flocon que j’étais a dû neiger ici.

Oui, je me souviens…

Je ne regrette pas d’être sorti dans le froid pour prendre ce cliché. Ma mort d’alors m’a amené jusqu’ici. Ici et aujourd’hui où je t'ai rencontré. Chacune de tes respirations me parle de mon pays d’avant. Tu me parles et me racontes ton pays. Alors je fais de la place dans ma mémoire pour ranger tes souvenirs jusqu’à ce qu’ils deviennent les miens. Une mémoire pour deux. Deux vies pour une.

Alors quand j’entends tes mots, je redeviens un flocon de neige. Et j’y retourne. Je fais le chemin à l’envers. Et je descend lentement dans le froid qui me reconnaît et me souris.

Et je reprends cette photo… Hors du temps.

Enfin, je crois… Je crois que c’est moi qui aie pris cette photo… Il neigeait… Il faut dire qu’il neigeait pas souvent ici. Ou là-bas... Je ne sais plus très bien. Ma mémoire me joue des tours… Je ne me souviens plus très bien. J’étais déjà très vieux à l’époque

09022009 56

J’aime à me souvenir que, oui, peut-être, dans une autre vie, j’ai vécu dans cette ville. Et j’ai pris cette photo. Dans ton pays. Dans cette ville où tu as vu le jour. Pour que dans ma vie aujourd’hui, mes pieds et mon cœur ne soit plus froid.

Oui, je me souviens… et ça fait du bien.

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 16:18

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Où est mon cheval, ce brave ami qui me conduit au delà des vallées ? Pour un peu de repos, je l’ai laissé près de cette fontaine pour qu’il se rafraîchisse à son eau. Il faisait si chaud. Je suis entré à l’ombre d’une auberge blanche pour me rassasier d’une quelconque pitance et voilà que je ressors et mon cheval n’est plus.

Et l’eau de la fontaine ? Dans quel destin coule-t-elle depuis que son bassin, cet abreuvoir riche à la ville a disparu ? Depuis que son visage est sec.

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Quelle magicienne m’aurait réveillé d’un trop long sommeil ? Est-ce cette ensorceleuse du temps qui aussi a changé les couleurs de mes ici ? Où bien l’eau qui à force de s’alanguir sur les teintes turques et vives les aurait délavées ? Comme les siècles ont coulé sur moi jusqu’à cet aujourd’hui qui me sort d’un rêve nostalgique et arabe.

Pourtant l’endroit est bien celui où mon cœur s’arrêta. Il y a longtemps. Je reconnais son âme et les embruns de son port. Les pavés où claquent mes pas me saluent comme une reconnaissance dans un hymne hors du temps.

Où est mon cheval ? Où est la fontaine ? Pourquoi cet endroit me fascine ? Pourquoi l’aimer autant dans cette brume intemporelle qui me grise et me suspend dans mes délires bizertins ? Qu’aucune réponse ne soit données ! Qu’aucune raison ne menace l’esprit de ma mélancolie !

 

SL381444_GF.jpgPeu importe ma folie ; je pose mes mains sur ce qu’il reste d’elle et qui fait qu’elle est belle encore. Et je la sens frémir. Et je la sens vibrer sous mes doigts comme elle le faisait du temps où elle offrait son eau comme un vital échange. C’est ainsi que moi ici et parfois de passage m’abreuve au sang de cette fontaine qui est le sang des ans.

D’ici coulait de l’eau. Et j’avais un cheval.

09022009_16.jpeg

 

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 05:36

Je marchais sur l'avenue Jules Ferry. La cathédrale en prière déjà tendait ses bras au ciel. La plume de l'Histoire des Hommes sournoisement se plongeait silencieuse dans l'encre d'une indépendance enfouie et murmurée. Insouciant, je marchais. A chacun de mes pas, la cathédrale me saluait. Et je l'en remerciais.

02022009_07.jpeg

Je marche sur l'avenue Habib Bouguiba et la cathédrale en prière tend toujours ses bras au ciel. La plume de l'histoire de l'homme que je suis plonge dans l'encre de mes souvenirs enfouis, murmurés et inconscients. Insouciant, je marche. A chacun de mes pas, je salue la cathédrale. Elle semble me remercier d'être revenue. Ou de n'être jamais parti. Fidèles.

SL380459_GF_1.jpg

Tunis et son pays ont repris leur nationalité. La cathédrale est toujours là. Elle n'a pas changé de place, elle a seulement changé d'adresse. Sur la plaque Bourguiba a remplacé 10 P2Ferry.

Et moi je marche encore. Peu importe le nom de la rue, c'est le coeur de la terre et celui des hommes qui comptent. Et le mien bat ici, comme il bat là-bas. Je suis comme cette cathédrale, je lève mes bras au ciel. Et mes prières d'aujourd'hui croisent mes prières d'antan et s'unissent en catédrale d'amour.

 

Suis-je cette cathédrale ? Est-elle moi ? Etrange impression que ce symbole qui est le trait d'union entre deux Terres, entre deux sentiments forts. Deux souffles vitaux. Au delà de l'Histoire et du temps qui passent. Et au delà des religions. En prière parce qu'en amour. Parce que tout cela fait ce que je suis.

Parce que ma nostaligie arabe a dû passer en son choeur pour réchauffer le mien aujourd'hui.

 

 

 

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14 novembre 2010 7 14 /11 /novembre /2010 00:24

C’est étrange.

J’écarte les ailes et je m’envole. Mes ailes, je les ai voulues blanches. De ce blanc qui fait les murs des maisons et leurs terrasses carrées chauffées de soleil. Quelle sensation agréable de se laisser porter au-dessus des toits de Bizerte jusqu’à ceux de Tunis. Je survole ce pays qui est le mien et ne m’en lasse pas. Je suis un oiseau blanc qui vole entre la mer et le ciel. Je vois la ville d’en haut en rêvant qu’un jour, je serai cet enfant qui court dans les ruelles étroites d’une ville tunisienne. Pour avoir un œil différent et mieux comprendre la vie d’en bas. Mais je ne suis qu’un oiseau…

Alors je vole.

Et je rêve

09022009 15C’est étrange.

Je marche dans les ruelles étroites de cette ville tunisienne. Je caresse les murs blancs des maisons et imagine leurs terrasses carrées et chauffées de soleil. Quelle sensation agréable de se laisser porter dans ce pays que j’aime et qui devient le mien. De Bizerte à Tunis, je ne m’en lasse pas. Je marche sur la terre entre la mer et le soleil. Je vois la ville d’en bas. Mais je ne suis un enfant qui n’a jamais couru dans les ruelles étroites d’une ville tunisienne...

Alors je marche.

Et je rêve.

02022009_13.jpegJe rêve d’une sensation agréable où mes souvenirs d’oiseau blanc d’antan se mêleraient aux souvenirs de l’homme que je suis aujourd’hui. Union de mes souvenirs qui deviendrait des yeux différents pour mieux comprendre pourquoi j’aime ce pays. Vu d’en haut ou vu d’en bas. Vu de loin dans le temps ou vu dans mes aujourd’hui. En attendant, homme-enfant, je cours dans mes ruelles de Bizerte et, oiseau blanc à la fois, j'écarte mes ailes sur les toits de Tunis.

Et je rêve.

C’est étrange. 

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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 06:14

09022009_14.jpeg

Tu m'en as souvent parlé. Comme toujours, j'ai imaginé.

Pas de bateau, pas de pont.

Pour passer il fallait monter sur le bac.

Ce bac qui t'emmenait sur la terre de Bizerte.

Pas de voiture, ou très peu. Des charettes, des chevaux, des animaux.

Des femmes, des hommes, des enfants...

Et toi.

Bac de Bizerte

Je n'ai pas connu cette époque.

Mais j'ai été sur la terre de Bizerte. Plusieurs fois.

Et j'y retournerai encore et encore.

A chaque fois, nous avons franchi le pont.

Plus de bac.

Mais le fameux pont levant de cette ville historique.

Avec toi.

DSCN6287_GF.jpg

Presque plus de chevaux, d'animaux, très peu de charettes.

Mais toujours des femmes, des hommes, des enfants.

Du haut du pont, j'ai regardé l'eau et je t'ai vu.

Tout en bas, tu me faisais des signes.

Tu étais sur le bac et tu me regardais.

Tu ne voyais pas le pont, il n'existait pas encore, mais j'y étais.

Je ne voyais pas le bac, il n'existais plus, mais tu y étais.

100_0511_GF_1.jpg

Je n'ai pas connu cette époque

Mais à chaque fois que je travers le pont de Bizerte,

Je vois ce bac dont tu m'as parlé

Et je traverse le bras de mer à son bord

Dans un aujourd'hui que je veux passé.

Pour rattraper le temps où j'aurais moi aussi naviquer sur le bac.

Avec toi.

09022009 13

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 20:14

bbb GFA chacun de mes pas,

 

Une brise légère et étrange me caresse la peau,

Effluve d'un parfum venu de loin,

Clé d'une mémoire oubliée

Murée au fond de moi.

 

A chacun de mes pas,

 

Je m'enivre de ce souffle venu de leurs entrailles,

Bouches de pierres ouvertes pour des appels sournois

Qui mangent le présent et troublent mes futurs,

Sans me laisser le choix.

 

  

  

bb GFA chacun de mes pas,

 

J'avance sous les arcades et glisse sur les pavés

D'une existence présente et colorées,  

Trébuche sur une de mes vies ancienne, grise ou sépia,

Mais c'est la même voie.

 

A chacun de mes pas,

 

La violence apaisante de ces chaos pénétrants

Me permet de comprendre le sens de leur souffle,

Mots murmurés par ces murs

Qui me disent : "Souviens-toi".

 

 

 

 

 

 b.jpeg

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 06:00

19_cimetiere_arabe_sidi_abderrhamane148_venis.jpg
Elles venaient me rendre visite. Sous le soleil et la chaleur. Sous la pluie et le vent.
Elles ont versé des larmes sur ma demeure. Elles ont souri et ri aux souvenirs de moi.
De ce que j'étais, de celui qu'elles honoraient.
Leur regard. Leurs gestes. Leurs mots.
J'ai oublié.

Elles venaient vers moi. Vers ce qu'il restait de moi. Moi qui les regardais. Muet.
Peut-être m'aimaient-elles. Laquelle était mon épouse ? Les deux peut-être.
Maman ? Grand'maman ? Etait-ce vous aussi ?
J'ai oublié.

Ma mémoire est morte avec moi. En ce temps là. Il y a... Il y a... Je ne sais pas.
Cette image n'arrange rien. Ne me rappelle rien.Alors pourquoi suis-je troublé ?
Peut-être était-ce mes filles. Ou des amours cachées ?
Des âmes dévouées appitoyées. Ou des pleureuses nées ?
J'ai oublié.

La mémoire n'est plus la mienne. Ma mémoire n'est plus la même.
Peut-être n'était-ce pas moi. Peut-être n'étaient-elles pas là pas pour moi.
Leur regard, leurs gestes, leurs mots.
J'ai oublié.

De ma mémoire lointaine, de celles d'outre cieux,
Ne me revient qu'un souffle. Celui d'un silence volé. Dévoilé. Envolé.
Peu importe leur nom, ou leur degré de parenté. D'amitié ou de fidélité.
Je peux l'imaginer. Et croire encore qu'elles m'ont aimé.

Dans mes ailleurs. Dans mes possibles.
Dans mon imaginable nostalgie.

Car au lieu d'être un corps, au lieu d'être mort,
Peut-être n'étais-je pas né. Ou du moins pas encore.
J'ai oublié.

19 cimetiere arabe sidi abderrhamane148 venis19 cimetiere arabe sidi abderrhamane148 venis19 cimetiere arabe sidi abderrhamane148 venis19 cimetiere arabe sidi abderrhamane148 venis19 cimetiere arabe sidi abderrhamane148 venis

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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 19:00

babmenara.jpg

28 janvier 1902...

Il était soldat. On le comprend.

Il a écrit.

Qu'est-il devenu ?
Quelle fut sa vie ? Celle d'avant cette carte ? Celle d'avant Tunis ?
Celle d'avant cette encre déliée ?

Les mots sont restés.
Ils sont le souvenir.
Le sien.

Et lus aujourd'hui, ils sont la vie.
Hors du temps.

Les mots comme le souffle, au-delà des barrières du langage, au-delà des frontières,
flottent toujours jusqu'à ce qu'on les respire.

Ils ont un parfum.
Celui de la solitude, de l'éloignement, du manque et de la douleur qui en est leur couleur.
Leur tracé est un soupir empli d'espoir envoyé plus loin que l'absence
comme on brule un encens entêtant qui rappelle un amour.
Ici, une amitié.

babmenara

L'ai-je connu ?
Le temps n'a pas d'âge et l'âge n'a pas de temps.

Ai-je écris ces mots ?
J'aurais pu.
Vivre, mourir et renaître.

Et retourner à Tunis.
Retrouver les parfums d'alors et sentir que leur couleur aujourd'hui est celle de
la nostalgie.

Quoi qu'il en soit,
au-delà des barrières du temps, au-delà des modernités et de leurs technologies,
sur internet, par hasard,
j'ai trouvé cette carte postale.

Par hasard ?  Vraiment ?
Alors pourquoi aujourdhui précisément ?

babmenara

Car aujourd'hui,
nous sommes le 28 janvier 2010.

108 ans après que l'encre de mots de cet homme ait séchée,
je me permets de la déposer ici.

Parce que les mots restent.
Leurs parfums aussi
avec le reflet des sentiments et de l'état d'âme d'alors.

Et si cette carte n'avait jamais été postée ?
Et si elle s'était égarée dans la folle vie des hommes ?

Quoi qu'il en soit,
les mots qui sont écrits le sont toujours pour être lus.
Alors 108 ans après, jour pour jour, ils peuvent l'être.
Encore.

Comme une rennaissance, une résurrection.
Une réincarnation.

Comme un souffle au-delà du temps.

babmenarababmenarababmenarababmenarababmenara

Parce qu'à travers les mots écrits d'une façon ou d'une autre,
au-delà des langues et des frontières,
l'encre est un sang.

Et la vie est plus forte que la mort.

Au-delà du temps.

babmenara


______________________________________________________________________________________

Si vous êtes un proche de la personne qui a écrit cette carte et si le fait de la retrouver ici sur mon blog vous dérange pour quelque raison que ce soit,
n'hésitez pas à m'en faire part. Je supprimerai cette note sans délai.
Et si tel était le cas, par avance, je m'en excuse.
P'tit Bob

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 00:00


Je courais le long des rues écrasées de soleil.
Je courais en sueur.
Je courais.

Il était arrivé sur la grand place un peu en dehors de la ville,
là où chaque mardi se dressent le marché aux bestiaux
et le marché aux graines.

Il est arrivé.
La foule l'avait annoncé à chaque coin de rue,
derrière chaque fenêtre
et tout en haut des dattiers.

Je courais.

Pour rien au monde je n'aurais voulu manquer le début de l'histoire,
de son histoire,
celle par laquelle il allait nous imbiber.

Il racontait avec émotions, rythmes et suspens.
Nous entrions dans son conte par la grande porte des frissons,
sur les marches de l'impatience,
indiscrets parfois par les fenêtres de ses ponctuations,
cachés derrière le rideau de nos pudeurs
tantôt nous riions,
tantôt nous retenions nos larmes.

Je courais.

Toujours, de ses mots, nous ressortions étourdis.
Inévitablement gonflés de sa morale et d'une vie à raconter,
parfois d'une femme dans le secret de nos rêves muets,
parfois d'un pur-sang luisant crinière au vent
qui nous emmenait aux delà des temps
à venir ou passés.

Je courais...

Il était l'écran blanc,
l'écran suffisament géant
où j'aimais me laisser aller
à l'image stéréo de ses mots péllicules
sous une vive et aveuglante lumière de frères encore inconnus.

La seule bobine que l'on avait était celle que l'on offrait à l'homme,
magicien de mots,
ensorceleur pour un instant d'une autre vie
de sa bouche à nos fantasmes.

Je courais...

Déjà il était là,
au milieu de la foule excitée et demandeuse de rêves,
lui, l'homme qui passait,
et s'arrêtait pour nous,
l'homme qui prenait à nos vies pour les raconter plus loin,
à d'autres qui couraient pour le voir,
comme moi,
pour l'entendre,
se rafraîchir d'autres phrases pour des jours et des nuits,
pour nos mille et une vies.

Je courais,
et tout à ma course,
je me disais que lorsque je serais grand,
je serais moi aussi comme lui :
un conteur.

Conteur ici.
Conteur là-bas.
Conteur n'importe où.

Conteur dans ma vie.
Conteur de vies.
Dans ma vie d'ici.
Dans ma vie d'avant
ou dans celles d'après.

Dans mes vies d'ailleurs.
Dans ma langue du moment.

Conteur de mes nostalgies arabes
Peut-être
mais
Conteur.


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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 07:18


Une tenue
et des bijoux berbères.

Je ne l'ai pas connue ainsi,
mais tu me l'as décrite tant de fois,
que je retrouve en cette femme étrangère
sur cette photo ancienne,
les traits imaginés et jeunes de ta maman.

Tous les parfums de ta vie,
cette lumière d'enfance qui change ton regard
sont devenus mes souvenirs.

Et le récits de tes souvenirs,
ma nostalgie arabe.

Ce cliché de hasard m'emmène
par delà le temps,
juste pour un instant,
retrouver ta maman,
ma Omi Yasmina.

Et toi aussi,
tout petit.



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