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Je m'installe. Les lumières s'éteignent et sur l'écran geant, la petite bouille d'une gamine aparaît. En gros plan, elle secoue ses longs cheveux blonds. Elle s'amuse avec son frère. Elle a l'innocence de son âge. Dix ans. Elle rit. Elle rit fort. Elle ne sait pas ce sont là ses derniers éclats de rires. Vrais, frais, spontanés et heureux.
On frappe à la porte !
Elle comprend immédiatement ce qu'il se passe. Elle cache son frère dans le placard de sa chambre, lui demande de pas faire de bruit et surtout de lui promettre d'attendre ici son retour. Elle ferme la porte du placard, garde la clé dans sa petite main et fait le serment à double tour de venir le chercher. Bientôt.
Oui, elle reviendra. Mais entre son bientôt-promesse et le jour où la petite clé tournera à nouveau dans la serrure du placard, il y aura eu l'horreur.
La rafle du Ve'l d'Hiv'. Juillet 1942.
Puis il y a Julia. Elle est journaliste et doit faire une enquète sur ce drame. Julia est américaine et vit en France depuis une dizaine d'années. Elle a sa vie, sa fille, son mari. Tout semble aller relativement bien dans les hauts et les bas du quotidien de sa vie. Mais Julia suit le cours de ses recherches. Et alors que rien de la prédestinait à la rencontrer, 66 ans après, la petite fille blonde qui garde au creux de sa petite main la clé d'un placard, la clé d'un secret, va entrer dans sa vie. Nous sommes alors en 2009. Son existence va changer. Des vérités vont éclater. Des révélations et des souffrances aussi. Car le temps n'efface rien. Même si on enfouie la mémoire au fond d'un écrin de souffrance. De peur que l'Histoire se répète.
Au delà du drâme du Vel' d'Hiv', au delà de ce que le cinéma a déjà exploré et dévoilé sur le sujet, Gilles Paquet-Brenner se sert des pinceaux de la mémoire et de la transmission pour dresser un tableau réaliste et bouleversant où deux destins se rencontrent pour ne jamais se quitter. Parce que ce qui se passe aujourd'hui marquera l'Histoire des années à venir. En espèrant juste que nous retiendrons les erreurs des tragédies de notre passé. Parce que ce que l'on vit en ce moment découle des évènements passés du peuble humain. Qu'on le veuille ou non.
Un film à voir aussi pour l'interprétation, bien sûr, de Krinstin Scott-Thomas, mais aussi de la jeune Mélusine Mayance qui incarne cette petite fille blonde au destin tragique, de façon bouleversante.
J'ai oublié de vous dire que cette petite... elle s'appelait Sarah.
Film inspiré du roman de Tatiana de Rosnay "Elle s'appelait Sarah"
- Titire original : "Sarah's key" -
(Editions Libra Diffusio et Le livre de Poche)
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Je remercie ma Vévé qui saura pourquoi
et je dédie cet article à Dider-Charles J., si jamais il passe par-là...