Citations, Tunisie, Menzel Jemil, recettes de cuisine, Photos, Spiritualité, Amour
Je lisais dans le jardin sous le citronnier. C’était l’heure de la sieste. Les gamines dormaient. Les grands aussi.
C’est doux l’heure de la sieste quand tout le monde dort sauf moi. Le monde m’appartient. Du moins le petit monde du jardin avec ses bruissements de feuilles, le vol des abeilles et celui des oiseaux qui s’arrête tout prêt sans vraiment savoir où. Je peux même entendre les pas feutrés du chat qui passe à sur le haut du mur, qui s’arrête pour me regarder et reprend sa route.
J’aime cet endroit. Cet instant. Cette année, le jardin s’est embelli. Les fleurs sont plus nombreuses, les plantes aromatiques aussi et les allées sont bien rangées. Et puis il y a la table et les bancs qui n’étaient pas l’an passé. Tout trois fait de carreaux de céramique. Un endroit ombragé où nous prenons tous les repas cette année. Pourtant dans ce calme et l’endroit que j’aime, manque quelque chose.
Je regarde à droite, puis à gauche mais je ne sais pas vraiment ce que je cherche. Tout semble parfait à mon goût pour cette année en vacances.
J’entends alors le gravier crisser sous des pas. Mais personne ne vient. Une seconde fois ce petit bruit revient jusqu’à moi. Et là j’ai compris. J’ai compris ce qui me manquait à cet instant précis. Non seulement, je l’ai compris mais je l’ai ressenti si fort que le manque s’est dissipé.
Mes chiens étaient là avec moi. C’était l’heure de la sieste. Alors forcément ils se sont allongés. Oscar sous le grenadier et Cookie sur le sol carrelé sous la banquette de bois. Ils avaient leur habitude de bien-être avant. Avant...
Puis il a suffi que je ferme les yeux une seconde, une seconde seulement, pour que je les sente venir tout prêt de moi. Tout contre moi. Une seconde magique. De tout leur long, ils se sont recouchés, chacun posant sa tête sur l’un de mes pieds. Comme avant. Avant…
Je n’osais bouger de peur de les réveiller. Ou de peur de me réveiller peut-être… C’était l’heure de la sieste. Tout était calme. Peut-être que sous le citronnier me suis-je aussi endormi. Peut-être ai-je rêve cette seconde qui a fait que tout était à sa place et qu’il ne manquait rien. Je ne sais pas. Et ne veux pas le savoir. La seule chose dont je suis certain c’est que d’une façon ou d’une autre, dans un bruissement particulier de feuilles, dans le regard du chat peut-être ou dans l’envol d’un oiseau, aussi étrange que cela puisse paraître, Oscar et Cookie, mes amours de chiens, étaient là avec moi. Dans la sérénité de l’instant. Pour le partage et le souvenir d’eux. Par la magie de l’amour. A l’heure de la sieste.