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Tu m'en as souvent parlé. Comme toujours, j'ai imaginé.
Pas de bateau, pas de pont.
Pour passer il fallait monter sur le bac.
Ce bac qui t'emmenait sur la terre de Bizerte.
Pas de voiture, ou très peu. Des charettes, des chevaux, des animaux.
Des femmes, des hommes, des enfants...
Et toi.
Je n'ai pas connu cette époque.
Mais j'ai été sur la terre de Bizerte. Plusieurs fois.
Et j'y retournerai encore et encore.
A chaque fois, nous avons franchi le pont.
Plus de bac.
Mais le fameux pont levant de cette ville historique.
Avec toi.
Presque plus de chevaux, d'animaux, très peu de charettes.
Mais toujours des femmes, des hommes, des enfants.
Du haut du pont, j'ai regardé l'eau et je t'ai vu.
Tout en bas, tu me faisais des signes.
Tu étais sur le bac et tu me regardais.
Tu ne voyais pas le pont, il n'existait pas encore, mais j'y étais.
Je ne voyais pas le bac, il n'existais plus, mais tu y étais.
Je n'ai pas connu cette époque
Mais à chaque fois que je travers le pont de Bizerte,
Je vois ce bac dont tu m'as parlé
Et je traverse le bras de mer à son bord
Dans un aujourd'hui que je veux passé.
Pour rattraper le temps où j'aurais moi aussi naviquer sur le bac.
Avec toi.